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Pour ceux qui ne le connaitraient pas, Iron Man (Tony Stark) est un super-héros avec une grosse armure en métal bourrée de gadgets, il se définit lui-même comme un « génie, milliardaire, playboy et philanthrope ».

Il sauve régulièrement le monde et est incarné à l’écran par Robert Downey Junior. Il appartient à l’univers Marvel, comme Spiderman, Hulk et autres Avengers (là où Batman et Superman appartiennent à DC comics, une autre maison d’édition).

Iron Man 3 s’inscrit donc dans la stratégie de Marvel, qui depuis 2008 inonde les écrans de cinéma de blockbusters fait dans les règles, mais qui ont la particularité d’être tous liés entre eux (il y avait bien d’autres films Marvel avant, mais pas organisés comme cela). Mais ce film, plus que les autres, m’a marqué. il a le mérite, comme Rambo, de soulever des problématiques bien plus intéressantes que de simples explosions. Iron Man 3 est un subtil mélange entre un bon gros blockbuster hollywoodien pur jus, et une dystopie.

Pour le côté Blockbuster, tout y est : une campagne publicitaire bien rodée, un budget colossal, des produits dérivés à foison, un casting dément, des jolies filles, de grosses explosions, un peu de sentimentalisme et une histoire pas trop compliquée qui se finit bien. Le film est fait pour plaire au plus grand nombre, rapidement, sans faire trop réfléchir, et donc générer le plus de rentrées monétaires possibles. Ce film n’est clairement pas une œuvre d’art, mais un gros investissement.

Mais personnellement je m’en fiche un peu. Je n’étais pas là pour voir une œuvre d’Art. J’étais là pour me détendre, et me changer les idées. Je ne l’ai pas regretté. En plus d’apporter toute la distraction du Blockbuster, il a aussi de quoi faire réfléchir. Car on peut aussi interpréter Iron Man 3 comme une dystopie. Une dystopie est l’inverse d’une utopie. On imagine une société, une époque, pas pour en faire un exemple, mais plutôt pour avertir des conséquences. Comme dystopies célèbres, il y a 1984 de George Orwell, le meilleur des mondes d’Aldous Huxley, ou bien Equilibrium de Kurt Wimmer.

Il y a souvent une part d’utopie / dystopie dans les films de science-fiction. Comme ce sont des mondes différents du notre, il y a forcément une part d’anticipation. Mais ce qui m’a marqué dans Iron Man 3, c’est qu’il parle de transhumanisme, un sujet qui commence à être à la mode. L’idée du transhumanisme est la modification du corps humain par la Science. Les deux pendants du transhumanisme sont représentés : le côté biologique (altérations du corps humain par la manipulation de processus biologiques comme l’ADN) et le côté mécanique (altération du corps humain par l’ajout de composants mécaniques).

Comme je ne veux pas ruiner l’intrigue d’un si bon film, je dirais simplement que le côté mécanique est représenté par Tony Stark, et le côté biologique par les méchants. Et tout le monde finit par voir que le transhumanisme, aussi séduisant qu’il parait, n’est pas une bonne solution.

Mais l’intérêt de ce film ne s’arrête pas là. C’est aussi un petit bijou de marketing. Et ici aussi il y a de quoi faire réfléchir. Ce film est un condensé de toutes les techniques possibles et imaginables bonnes pour nous faire dépenser encore plus. C’est normal, c’est un blockbuster. Mais là-dessus, ils sont quand même super fourbe.

Déjà, tout est fait pour mettre en avant l’univers Marvel. Pendant tout le film, il y a toujours de subtiles références aux films précédents, de façons à ce que ceux qui ne les ont pas vu, n’ai qu’une envie : les voir. Et comble de la fourberie, il y a une scène supplémentaire, après le générique (on est donc obligé de le regarder), dans laquelle Tony Stark raconte sa vie façon psychanalyse à un personnage que les habitués identifieront comme Bruce Banner / Hulk. On nous force à regarder le générique, et en plus on nous rappelle que tous les films sont liés, et qu’il faut donc vite aller les acheter. C’est fourbe. Et puis tout cela avec une musique énergique, pour nous renforcer dans l’impression qu’on a aimé le film.

Ensuite, dans la série marketing basique : le placement de produit. C’est une technique assez basique : on glisse des références à des marques ou des produits, l’air de rien, entre deux scènes. Une publicité subtile, mais efficace. Pour Iron Man 3, on retrouvera par exemple (liste loin d’être exhaustive) : Oracle, Sun Microsystem, Verizon, Android, Sony, Audi, Univers Marvel.

Mais ce qui m’a le plus intrigué, comme placement de produit, c’est la présence de Downton Abbey. Downton Abbey est une sorte d’orgueil et préjugé mis en série télévisé (j’exagère peut-être un peu, et j’avoue ne jamais avoir regardé un épisode). Cette série a beaucoup de succès, particulièrement auprès d’un public féminin, mais pas que.  Mais ce qui m’a intéressé, c’est que dans Iron Man 3, un des personnages regarde à plusieurs reprises cette série. Et ce personnage est le bon gros garde du corps un peu bourrin et pas très fin. A croire que Downton Abbey cherche à accroître son public.

Autre détail sympathique, donnant un éclairage géopolique intéressant : la version chinoise et la version occidentale sont différentes. En effet, le méchant étant “le mandarin”, les censeurs du Parti n’était pas très chauds pour que le film passe en Chine. Mais comme Hollywood ne peux pas renoncer à un tel marché, ils ont accepté de faire quelques arrangements. Et accessoirement, rallonger le film, qui se transforme en spot publicitaire pour certaines marques chinoises.

Ainsi donc, ce subtil mélange entre blockbuster et dystopie fait d’Iron Man 3 un bon film. Il détend et fait réfléchir. Mais comme pour Rambo, il faut pour cela accepter de regarder son film autrement, et changer sa perspective. Espérons que le transhumanisme ne reste qu’une dystopie, et que notre vie ne soit pas dictée par le marketing, sinon notre monde risque d’être de plus en plus tourmenté.


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