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MIEUX COMPRENDRE LES HUMAINS OU LES AMÉLIORER?

Un pas important dans la création de singes humanisés vient d’être franchi en Chine. Comme on peut le lire dans la revue spécialisée Cell, l’affaire, œuvre de chercheurs chinois dirigés par Yuyu Niu (Laboratory of Primate Biomedical Research, Kunming), est un tour de force technique: ces chercheurs sont parvenus à utiliser pour la première fois chez des primates une technique d’insertion de gènes étrangers qui n’avait jusqu’à présent pu être utilisée que chez des rongeurs de laboratoires (rats et souris) ainsi que chez le poisson-zèbre.

Les animaux seront le support aux expériences vers le transhumanisme

Les animaux seront le support aux expériences vers le transhumanisme

Cette manipulation génétique fondée sur les structures dites «Crispr» ouvre de nouvelles perspectives dans l’utilisation de singes génétiquement humanisés comme modèle d’étude de maladies humaines.
Ces chercheurs ont pratiqué une greffe de gène au tout premier stade embryonnaire. Ils ont d’abord créé in vitro des embryons de macaque. Les gènes étrangers ont ensuite été injectés neuf heures après cette fécondation artificielle. Ils se sont intégrés au patrimoine génétique des embryons macaques qui ont ensuite été placés chez des mères porteuses. Sept mois plus tard, des macaques mutants sont nés.

Cette technique permet, selon les chercheurs chinois, de greffer simultanément plusieurs gènes dans le patrimoine héréditaire des singes dont les gènes Ppar-g (qui dirige la synthèse d’une protéine impliquée dans le métabolisme du sucre et des graisses) et Rag1 (qui joue un rôle clef dans l’immunité). Les créateurs de ces animaux estiment que ces nouvelles possibilités permettront de disposer à l’avenir de meilleurs modèles expérimentaux vivants pour analyser les maladies humaines d’origine génétique et les possibilités thérapeutiques les concernant.

Une autre perspective est celle du transhumanisme: ces néo-singes deviendront une plateforme expérimentale d’amélioration des performances génétiques de certains représentants de l’espèce humaine. Les chercheurs chinois se veulent ici rassurants. Dans un entretien accordé à la MIT Technology Review, Weizhi Ji, qui a dirigé ce travail, explique qu’il faudra encore attendre longtemps avant de pouvoir expérimenter cette nouvelle technique à des embryons humains. Pour des raisons de sécurité, explique-t-il.

 


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