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Bonjour, je suis Marc Roux, président de l’Association Française Transhumaniste : Technoprog ! et je me propose de vous expliquer un mot rapide sur quel peut être le transhumanisme, sur l’association Technoprog ! et sur l’importance qu’occupent les sciences du numérique dans la réflexion transhumaniste.

Qu’est-ce que le transhumanisme ?

Le transhumanisme est un mouvement de pensée philosophique, proposant une vision matérialiste de la planète entière. Il considère que :

L’humain est en constante évolution et non une entité stable.

La convergence NBIC – Nano et Bio technologies, sciences Cognitives mais également de l’Information – offre depuis quelques décennies la possibilité à l’humain d’accélérer et de mieux contrôler sa propre évolution.

L’humain souhaite accroître son espérance de vie salutaire, à développer ses facultés cognitives et sensorimotrices, mais aussi à se rendre plus apte à jouir de sa liberté et du bonheur au sein d’une vie sociale plus harmonieuse.

L’Association Française Transhumaniste : Technoprog !

Aujourd’hui, il est nécessaire que la société civile se saisisse de cette question du Transhumanisme. Alors que, depuis plus dix, les décisions ont été prises dans les couloirs ministériels, les conseils d’administration de grandes entreprises ou les laboratoires de recherche, c’est auprès un large débat démocratique qui devrait permettre de dégager les orientations que nous souhaitons donner à notre évolution, en tant qu’individus et en tant qu’espèce.

Technoprog ! cherche à promouvoir les sciences et les méthodes qui pourraient permettre une amélioration de la condition biologique de l’humain mais elle cherche d’abord à informer sur l’urgence de la question transhumaniste et donc elle participe à l’organisation du débat national. Simplement, elle tend à montrer comment une évolution de type transhumaniste pourrait être bénéfique pour l’ensemble de nos sociétés. Elle insiste enfin pour faire prévaloir l’idée que, face aux avancées déjà très rapides de ces technologies, il nous faut être particulièrement attentifs au respect des équilibres au reste dans les domaines de la santé publique, de l’environnement que de la justice sociale. Elle se distingue du transhumanisme d’origine anglo-saxon et d’inspiration néolibérale en promouvant un techno-progressisme privilégiant l’humain.

C’est parce qu’il est question de l’humain que si les espoirs sont immenses, les responsabilités sont également immenses.

La place du numérique dans la réflexion transhumaniste

Il doit être dit ici tout particulièrement combien les sciences de l’information et les technologies numériques ont joué et jouent un rôle déterminant dans la pensée transhumaniste.

Si les transhumanistes estiment que nous avons été maintenant en mesure d’intervenir dans la définition biologique de l’humain, c’est grâce aux progrès gigantesques qui ont été réalisés ces dernières décennies d’abord dans ces domaines scientifiques et techniques.

Ce sont d’abord les avancées de l’informatique qui ont démultiplié les moyens et les capacités de matériels non seulement comme les ordinateurs mais encore les microscopes électroniques, puis les microscopes à effet tunnel qui permettent aujourd’hui de manipuler la matière à l’échelle de l’atome donnant naissance à ce domaine crucial de la convergence technologique que sont les nanotechnologies. Ce sont les mêmes progrès des sciences numériques qui ont permis le déchiffrage du code génétique et qui font aujourd’hui que le coût du séquençage complet de l’ADN est sur le point de s’effondrer. Ce sont bien entendu les mêmes progrès qui sont à la base de tout le développement de l’internet mais aussi de tout un secteur qui a déjà commencé à bouleverser nos sociétés et je pense ici à le progrès de la robotique et des systèmes automatiques généralement. Enfin, pour terminer ce rapide tour des domaines de la convergence NBIC, après les nanos, les bios et les infos-sciences, il nous reste les cogno-sciences, c’est-à-dire les sciences du cerveau, cet organe dont on dit qu’il est la majorité complexe de tous les objets que nous connaissons dans l’univers.

Or aujourd’hui, ce sont les sciences numériques qui permettent que les grandes puissances de la recherche scientifiques, Europe, Etats-Unis, Chine, Japon, se lancent dans des programmes de simulation qui visent à reproduire l’intégralité du fonctionnement neuronal. C’est le projet BRAIN aux etats-unis d’amérique ou le Human Brain Project en Europe. A terme, si notre compréhension du fonctionnement de l’intellect humain devenait suffisant, certains vont jusqu’à penser que nous pourrions parvenir à faire émerger d’une Intelligence Artificielle une véritable conscience. Ce n’est plus de la science-fiction. Il s’agit d’une véritable hypothèse scientifique.

Les sciences de l’information occupent donc une place privilégiée dans la réflexion transhumaniste et elles ne devraient cesser de si tôt de l’occuper. En effet, nous avons le pouvoir de considérer que nous assistons à une « algorithmisation » croissante de nos sociétés. Que ce soit pour gérer la bourse, l’internet, nos futurs robots domestiques, la prévention de notre santé ou la « cyborgisation » progressive de l’humain, nous aurons besoin de lignes de programme à tout moment plus perfectionnées.

Ceci a une conséquence sur laquelle les transhumanistes ne sont pas les seuls à insister. Nous devons impérativement mettre l’accent sur l’enseignement des sciences et tout particulièrement des sciences du numériques de façon que les citoyens de cette société humaine en devenir puisse en comprendre les ressorts et en maîtriser suffisamment les arcanes. Cela nous paraît essentiel pour que notre condition d’humains en mutation puisse continuer à être la condition d’humains libres et égaux en dignité et en droit.


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