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En 2029, les ordinateurs seront capables de flirter, plaisanter et apprendre de leurs expériences, prédit un ingénieur de chez Google. Les ordinateurs seront plus intelligents que les humains en 2029, selon Ray Kurzweil, ingénieur chez Google et théoricien du transhumanisme et de la singularité technologique.

L’homme n’en est pas Ă  sa premiĂšre prĂ©diction : en 1990, il prĂ©voyait qu’un ordinateur battrait un humain au Ă©checs en 1998. Cela a finalement eu lieu en 1996. Kurzweil avait aussi prĂ©dit l’essor d’Internet.

Ray Kurzweil prédit à singularité technologique d'ici 2029

Ray Kurzweil prĂ©dit Ă  singularitĂ© technologique d’ici 2029

Dans une interview Ă  The Observer, il explique que dans 15 ans, les ordinateurs sauront faire des blagues, raconter des histoires et flirter. L’homme de 66 ans, considĂ©rĂ© comme un visionnaire en matiĂšre d’intelligence artificielle, a Ă©tĂ© embauchĂ© par Google fin 2012 pour dĂ©velopper “un moteur de recherche qui connait l’humain mieux que l’humain se connait”. Il travaille aujourd’hui sur un projet qui doit permettre aux ordinateurs de comprendre complĂštement le langage humain et d’ĂȘtre auto-apprenants. “Mes recherches visent Ă  comprendre ce qu’est rĂ©ellement le langage”, explique-t-il. “Quand vous Ă©crivez un article, vous ne faites pas qu’assembler des mots. Vous avez quelque chose Ă  dire (…). Le message de votre article est l’information qu’il contient, et les ordinateurs ne le repĂšrent pas.”

“Nous voulons que [les ordinateurs] lisent tout ce qui est sur Internet, puis chaque page de chaque livre, et qu’ils soient ensuite capables d’engager une conversation intelligente avec l’utilisateur pour pouvoir rĂ©pondre Ă  ses questions”, explique-t-il.

La singularitĂ© technologique, que Ray Kurzweil prĂ©voit pour 2029, est un concept, selon lequel la civilisation humaine connaĂźtra une croissance technologique d’un ordre supĂ©rieur. Au-delĂ  de ce point, le progrĂšs ne serait plus l’Ɠuvre que d’intelligences artificielles, elles-mĂȘmes en constante progression. “Aujourd’hui, je suis plutĂŽt en phase avec ce que pensent les experts de l’intelligence artificielle”, assure-t-il. “Le public a vu des choses comme Siri (l’assistant vocal de l’iPhone), oĂč on parle Ă  un ordinateur. Ils ont vu les Google cars, qui se conduisent toutes seules. Ma vision des choses n’est plus radicale de nos jours”, observe-t-il.


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MIEUX COMPRENDRE LES HUMAINS OU LES AMÉLIORER?

Un pas important dans la crĂ©ation de singes humanisĂ©s vient d’ĂȘtre franchi en Chine. Comme on peut le lire dans la revue spĂ©cialisĂ©e Cell, l’affaire, Ɠuvre de chercheurs chinois dirigĂ©s par Yuyu Niu (Laboratory of Primate Biomedical Research, Kunming), est un tour de force technique: ces chercheurs sont parvenus Ă  utiliser pour la premiĂšre fois chez des primates une technique d’insertion de gĂšnes Ă©trangers qui n’avait jusqu’à prĂ©sent pu ĂȘtre utilisĂ©e que chez des rongeurs de laboratoires (rats et souris) ainsi que chez le poisson-zĂšbre.

Les animaux seront le support aux expériences vers le transhumanisme

Les animaux seront le support aux expériences vers le transhumanisme

Cette manipulation gĂ©nĂ©tique fondĂ©e sur les structures dites «Crispr» ouvre de nouvelles perspectives dans l’utilisation de singes gĂ©nĂ©tiquement humanisĂ©s comme modĂšle d’étude de maladies humaines.
Ces chercheurs ont pratiquĂ© une greffe de gĂšne au tout premier stade embryonnaire. Ils ont d’abord crĂ©Ă© in vitro des embryons de macaque. Les gĂšnes Ă©trangers ont ensuite Ă©tĂ© injectĂ©s neuf heures aprĂšs cette fĂ©condation artificielle. Ils se sont intĂ©grĂ©s au patrimoine gĂ©nĂ©tique des embryons macaques qui ont ensuite Ă©tĂ© placĂ©s chez des mĂšres porteuses. Sept mois plus tard, des macaques mutants sont nĂ©s.

Cette technique permet, selon les chercheurs chinois, de greffer simultanĂ©ment plusieurs gĂšnes dans le patrimoine hĂ©rĂ©ditaire des singes dont les gĂšnes Ppar-g (qui dirige la synthĂšse d’une protĂ©ine impliquĂ©e dans le mĂ©tabolisme du sucre et des graisses) et Rag1 (qui joue un rĂŽle clef dans l’immunitĂ©). Les crĂ©ateurs de ces animaux estiment que ces nouvelles possibilitĂ©s permettront de disposer Ă  l’avenir de meilleurs modĂšles expĂ©rimentaux vivants pour analyser les maladies humaines d’origine gĂ©nĂ©tique et les possibilitĂ©s thĂ©rapeutiques les concernant.

Une autre perspective est celle du transhumanisme: ces nĂ©o-singes deviendront une plateforme expĂ©rimentale d’amĂ©lioration des performances gĂ©nĂ©tiques de certains reprĂ©sentants de l’espĂšce humaine. Les chercheurs chinois se veulent ici rassurants. Dans un entretien accordĂ© Ă  la MIT Technology Review, Weizhi Ji, qui a dirigĂ© ce travail, explique qu’il faudra encore attendre longtemps avant de pouvoir expĂ©rimenter cette nouvelle technique Ă  des embryons humains. Pour des raisons de sĂ©curitĂ©, explique-t-il.

 


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Comment le fait de rester les pieds sur terre n’empĂȘche pas de rechercher un futur techno-progressiste?

Parmi les critiques qui sont rĂ©guliĂšrement adressĂ©es Ă  la pensĂ©e transhumaniste, l’une des plus rĂ©currentes est celle qui consiste Ă  prĂ©voir que l’accĂšs aux technologies sur le dĂ©veloppement desquelles elle s’appuie sera principalement rĂ©servĂ© Ă  une petite minoritĂ© de nantis. Ce vĂ©ritable apartheid par la technologie conduirait Ă  une rupture dans l’universalitĂ© de l’humain et produirait une humanitĂ© Ă  deux ou plusieurs vitesses, source de toutes les inĂ©galitĂ©s et de nouvelles exploitations.

Les tenants d’un « transhumanisme dĂ©mocratique », ou « techno-progressisme », qui prĂ©tendent qu’un accĂšs au plus grand nombre des technologies NBIC est possible, sont quant Ă  eux taxĂ©s au mieux d’angĂ©lisme [1], de naĂŻvetĂ© [2], voire, au pire, de collusion objective avec les intĂ©rĂȘts des oligarchies dominantes [3]. En fait, ils serviraient Ă  ces derniĂšres d’alibi, de caution, si ce n’est de cheval de Troie dont l’objectif serait de convaincre des populations rĂ©tives Ă  une Ă©volution instinctivement ressentie comme une dĂ©rive et comme une tentative de manipulation collective.

Eh bien, je considĂšre que ce dernier risque est rĂ©el. Je souhaite vivement attirer l’attention de ceux de mes amis qui se reconnaissent dans le techno-progressisme sur la nĂ©cessitĂ© d’ĂȘtre guidĂ© par un principe de rĂ©alitĂ©. Un point commun Ă  la quasi totalitĂ© des transhumanistes que je connais est un indĂ©niable enthousiasme technophile. Celui-ci est source de dynamisme, souvent de crĂ©ativitĂ©, d’épanouissement mĂȘme, et oserais-je dire, parfois de bonheur. Mais il ne doit pas faire oublier que, pour les forces qui sont en prĂ©sence – masses populaires tout autour de la planĂšte ; ensembles sociaux et culturels ; jusqu’aux oligarchies dominantes, une Ă©ventuelle Ă©volution transhumaniste de l’humanitĂ© est un enjeu primordial. Pour son contrĂŽle, chacun de ces acteurs va y jeter toute sa puissance.

TOUT EST CHANGÉ, AINSI RIEN NE CHANGE !

En 2006, Jacques Attali publia un essai de prospective : Une brĂšve histoire de l’avenir. ComposĂ© en fait d’un large panorama historique, il dĂ©bouchait sur la perspective d’une Ă©volution en deux phases principales. D’abord un enfoncement jusqu’au paroxysme du systĂšme actuel (« l’hyper-empire ») aprĂšs dissolution des États, puis une renaissance dĂ©mocratique mondiale. Durant cette Ă©volution, l’une des tendances Ă©mergentes de la sociĂ©tĂ© serait le transhumanisme.

RĂ©flĂ©chissant aux sources possibles d’un espoir, il pensait en trouver une lueur dans les marges. En dehors des courants aujourd’hui dominants pourraient se prĂ©parer conceptuellement les alternatives d’aprĂšs-demain. Pourtant, un an plus tard Ă  peine, il prĂ©sidait une commission rĂ©unie par N. Sarkozy, dont les travaux prĂ©conisaient un renforcement du systĂšme : 300 idĂ©es pour changer France ? MystĂšre Attali ou sens marxiste de l’Histoire : faut-il nĂ©cessairement aller au bout de l’absurditĂ© d’un systĂšme avant que les conditions ne soient rĂ©unies pour qu’émerge un autre systĂšme ?

L’Histoire nous apprend qu’un systĂšme de pouvoir longtemps efficace (l’esclavagisme, la monarchie – surtout absolue, l’oligarchie capitaliste, 
) n’a pratiquement aucune capacitĂ© Ă  renoncer Ă  lui-mĂȘme. Au mieux (au pire), il cherche Ă  muer pour s’adapter aux nouvelles donnes, pour se survivre Ă  lui-mĂȘme. « Tout changer pour que rien ne change », faisait dire Giuseppe di Lampedusa au hĂ©ros du Gattopardo, vieil aristocrate voyant s’effondrer l’ancien rĂ©gime. Et l’aristocratie s’est mariĂ©e Ă  la bourgeoisie triomphante.

Autre gĂ©nĂ©ration, autre Ă©narque. Je suis un admirateur du travail qu’effectue depuis des annĂ©es Jean-Paul Baquiast (Automates intelligents ; Philosciences ; et bien d‘autres choses Ă©crites [4]). Je lui dois entre autres une interrogation venue de sa thĂšse sur les sociĂ©tĂ©s “anthropotechniques” selon laquelle, collectivement, nous sommes encore essentiellement aveugles et irresponsables quant aux dĂ©cisions que nous prenons. Autrement dit, il n’y a pas de capitaine Ă  la barre du paquebot HumanitĂ©, ceci alors que les icebergs ne manquent pas Ă  l’horizon.

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Filons la mĂ©taphore. Ce n’est pas qu’il n’y ait pas de direction prise par le navire. Vu du pont, il semble bien qu’il y ait, particuliĂšrement ces trois derniers siĂšcles, une orientation suivie grĂące au progrĂšs technologique et 
 aux LumiĂšres. Est-ce celle d’une accumulation, voire d’une concentration sans cesse plus grande de la richesse et du pouvoir ? Ou bien est-ce celle d’une libĂ©ration sans cesse plus importante de l’humain, aussi bien du point de vue philosophique que biologique ? Quoi qu’il en soit, aucun pilote unique ne l’a choisi consciemment. Et maintenant, je ne crois pas au “grand complot” des puissants pour Ă  nouveau tout changer en leur faveur. La situation, en un certain sens, est plus angoissante que si des dirigeants menaient vraiment la barque, parce que sur le rafiot HumanitĂ©, oĂč diffĂ©rents groupes de marins tirent sur les cordages Ă  hue et Ă  dia, les risques de naufrage sont considĂ©rables.

Pourtant, personne ne souhaite se fracasser sur les Ă©cueils.

Ces risques gigantesques justifient d’ailleurs Ă  eux seuls une Ă©volution, autant que faire se peut, plus planifiĂ©e. S’il n’est pas possible de maĂźtriser tout ce que chacun, et chaque groupe culturel ou social, fait des progressions technologiques, il peut-ĂȘtre envisageable en Ă©change de le canaliser.

Mais encore une fois, principe de rĂ©alitĂ© oblige, ne l’oublions pas, face aux idĂ©aux du techno-progressisme – ceux d’un transhumanisme dĂ©mocratique, pour tous, choisi, progressif, mesurĂ©, respectueux de l’humain dans la transition, respectueux des nĂ©cessaires Ă©quilibres Ă©cologiques et sociaux, etc., se dresse la logique du systĂšme de pouvoir en place.

Or, il va de soi que ce systÚme promeut un transhumanisme à son image, depuis les origines de ce mouvement de pensée, pour servir ses desseins. Et le systÚme en question met tout son poids, colossal, pour développer le transhumanisme qui lui sied.

C’est peut-ĂȘtre lĂ  quelque chose que Jacques Attali n’avait pas vu venir si tĂŽt. Que le transhumanisme soit immĂ©diatement utilisĂ© par l’Empire. Qu’il soit rapidement sorti de la marge pour ĂȘtre envisagĂ© comme une nouvelle source de pouvoir ou une nouvelle source de contrĂŽle. Nous voyons dĂ©s aujourd’hui comment ses premiĂšres rĂ©alisations sont traduites sous la forme de nouvelles consommations mainstream, de nouvelles armes, ou encore de nouveaux moyens de surveillance [5].

En rĂ©alitĂ©, chaque progression technologique importante est schĂ©matiquement porteuse de deux possibilitĂ©s: l’acquisition par le plus grand nombre ou l’acquisition rĂ©servĂ©e Ă  une Ă©lite. Et Ă  l’origine des causes sociales, Ă©thiques, psychologiques, etc., complexes Ă  l’extrĂȘme, qui dĂ©terminent cette alternative, se trouve l’opposition entre la nĂ©cessaire solidaritĂ© au sein d’une espĂšce sociale et le dĂ©sir d’avantages individuels, une contradiction qui traverse chacun d’entre nous. Pendant quasiment toute l’histoire de l’humanitĂ©, cette opposition s’est jouĂ©e principalement autour d’avantages matĂ©riels : de la nourriture Ă  la chaleur, en passant par la sĂ©curitĂ©. Puis, ces avantages concrets ont Ă©tĂ© marquĂ©s par des symboles qui eux-mĂȘmes sont devenus des enjeux : titres de noblesse, cĂ©lĂ©britĂ©, 


Aujourd’hui, pour une partie croissante de la population mondiale, c’est d’abord en fonction des symboles et des perceptions que les choix sont effectuĂ©s, pour obtenir le prestige matĂ©riel, moral, social, psychologique
. alors que l’accĂšs aux biens matĂ©riels devient progressivement secondaire parce que les biens de base sont accessibles Ă  beaucoup. L’Ă©volution technologique globale a Ă©tĂ© marquĂ©e ces deux derniers siĂšcles par un accĂšs de plus en plus large aux biens de base et donc, au moins Ă  ce niveau, par une diminution des diffĂ©rences [6] ainsi que, contrairement Ă  ce qui est souvent perçu, par une diminution de l’usage de la violence [7].

Mais malheureusement, cette relative abondance n’a pas ou peu diminuĂ© le dĂ©sir ou le besoin de dominance [8]. Le dĂ©sir de « tenir le haut du pavĂ© » perdure, mĂȘme si en 2014, dans les pays du Nord, et mĂȘme dans la majoritĂ© des pays du Sud, sont au moins proportionnellement moins nombreux ceux qui sont encore forcĂ©s Ă  marcher au bas de la rue, dans les immondices.

C’est ainsi que se prĂ©parerait un nĂ©cessaire et inĂ©vitable effondrement paroxystique dĂ©bouchant sur une reconstruction reproduisant dans les grandes lignes les mĂȘmes structures inĂ©galitaires du passĂ©. C’est en tout cas ce que prĂ©sagent bon nombre de ceux qui s’aventurent Ă  essayer de regarder Ă  travers les brumes de notre avenir Ă  moyen terme [note : au fond, le catastrophisme n’est-il pas un refuge rĂ©confortant ?].

Questionnement pessimiste : « Y a-t-l vraiment quelque chose à faire ? »

PERSPECTIVES D’UN TRANSHUMANISME TECHNO-PROGRESSISTE ?

Alors, que restera-t-il dans la marge pour préparer de véritables alternatives ?

De vieilles lunes sans doute, mais pas seulement. La diffusion libre, massive et gratuite de la connaissance, le partage gratuit et non marchand en gĂ©nĂ©ral. L’aide de proche Ă  proche, solidaire. Le hacking, sous sa forme d’un dĂ©tournement inattendu et subversif de ce que produit le rouleau compresseur consumĂ©riste. La rĂ©volte 2.0 aussi, celle qui, utilisant la vitesse des rĂ©seaux numĂ©riques, permet de mobiliser en quelques jours un nombre impressionnant de personnes autour d’actions concrĂštes ou symboliques, prenant au dĂ©pourvu et laissant Ă©bahies les Ă©lites politiques ou mĂ©diatiques. La rĂ©appropriation des moyens de production, qui sait ?

Nombreux, aujourd’hui, sont ceux qui rĂȘvent d’une redistribution complĂšte des cartes permise par une vaste diffusion de l’impression 3D. Quelles consĂ©quences Ă©conomiques et sociales aura la gĂ©nĂ©ralisation de cette technique ? Dans une analyse marxiste classique, le contrĂŽle des moyens de production est un facteur essentiel Ă  la structuration sociale. Cela se traduira-t-il par une vĂ©ritable dĂ©mocratisation, ou bien le systĂšme dominant parviendra-t-il une fois de plus Ă  rĂ©cupĂ©rer le contrĂŽle global en mettant la main sur les principaux leviers : matiĂšres premiĂšres et surtout algorithmes de conception ?

La robotisation gĂ©nĂ©ralisĂ©e peut ĂȘtre une source de craintes et une source d’espoir du point de vue de la mobilisation sociale. Conçue par l’oligarchie mondiale, elle peut – grĂące Ă  l’organisation du chĂŽmage, de la dĂ©pendance Ă©conomique, combinĂ©e Ă  la dictature du divertissement – dĂ©boucher sur des sociĂ©tĂ©s oĂč les libertĂ©s rĂ©elles auront encore reculĂ©. Mais, par la libĂ©ration d’une grande quantitĂ© de temps, elle peut Ă  l’inverse permettre l’épanouissement d’une grande crĂ©ativitĂ©, d’une diversification de nos expĂ©riences. Les transhumanistes convaincus ne manqueraient pas d’en profiter pour explorer toutes les voies de l’évolution techno-biologique.

En fait, si l’on prend comme repĂšre la rĂ©alitĂ© connue, nous pouvons imaginer que ces diverses tendances auront cours en mĂȘme temps.

Pour finir, je citerai une derniĂšre source de transformations individuelles et sociales beaucoup moins mise en avant jusqu’à prĂ©sent – sans doute parce qu’elle relĂšve encore essentiellement de la spĂ©culation scientifique et philosophique – c’est celle que l’on dĂ©signe sous sa dĂ©nomination anglo-saxonne de « moral enhancement ». Une Ă©ventuelle « amĂ©lioration morale » par la technique ne sera envisageable qu’aprĂšs des progrĂšs considĂ©rables en matiĂšre de comprĂ©hension de notre fonctionnement cĂ©rĂ©bral. On pressent dĂ©jĂ  les problĂšmes Ă©thiques, en terme de libertĂ© de conscience, qu’elle posera. Comme toute technique, nous pouvons facilement concevoir qu’elle sera l’enjeu des mĂȘmes rapports de force. Dans un contexte nĂ©olibĂ©ral et capitaliste par exemple, je pense que la poursuite du profit maximal pousserait facilement Ă  rechercher le plus efficace contrĂŽle des comportements individuels. Le « moral enhancement », utilisĂ© comme un aboutissement idĂ©al de la logique publicitaire, pourrait tendre Ă  un vĂ©ritable contrĂŽle de la pensĂ©e. Cette logique rencontrerait sans doute la faveur des acteurs Ă©tatiques tout Ă  leur souci d’ordre et de sĂ©curitĂ©. Un tout petit peu d’imagination dystopique nous conduit rapidement Ă  imaginer des scĂ©narios Ă  la 1984.

Pourtant, une utilisation positive d’une telle technique est possible, qui soit utile Ă  tous, libĂ©ratrice et vĂ©ritablement progressiste. Une analyse consiste Ă  dire que c’est justement du fait de notre faible Ă©volution morale que nous continuons Ă  perpĂ©tuer entre nous les comportements prĂ©dateurs qui sont Ă  l’origine de tant de maux. Au fond de nous-mĂȘmes, nous vĂ©hiculons sans doute plus ou moins tous des prĂ©dispositions Ă  des comportements de dominance, donc Ă©ventuellement de l’agressivitĂ©, ainsi qu’une incapacitĂ© intrinsĂšque Ă  faire preuve de vĂ©ritable empathie pour ce qui dĂ©passe le cercle Ă©troit de notre “clan” [8], ce qui peut ĂȘtre issu de notre adaptation darwinienne aux conditions de survie dans le monde d’avant le nĂ©olithique. Une attĂ©nuation suffisamment bien contrĂŽlĂ©e des facteurs biologiques qui jouent un rĂŽle important dans le dĂ©veloppement de nos attitudes les plus nĂ©gatives pourrait nous permettre de sortir de ce cycle apparemment sans fin : accumulation paroxystique du pouvoir, brutales remises en question, perpĂ©tuelle reconstitution.

Un membre de Technologos, association gĂ©nĂ©ralement trĂšs critique vis-Ă -vis de ce qu’ils considĂšrent comme une « fuite en avant » technologique, me faisait rĂ©cemment remarquer que les transhumanistes ne se rendaient pas bien compte, Ă  son avis, du rĂŽle idĂ©ologique considĂ©rable qu’ils avaient commencĂ© et qu’ils allaient ĂȘtre encore amenĂ©s Ă  jouer.

L’enjeu me paraĂźt en effet Ă©norme. A priori, les plus pauvres et les plus faibles peuvent pressentir que leur espoir de sortir de l’affrontement en ayant gagnĂ© quelque chose est maigre. La puissance des multinationales milliardaires des NBIC alliĂ©e Ă  celle des gouvernements peut paraĂźtre impossible Ă  arrĂȘter. Pourtant, je ne vois guĂšre d’autre alternative. Il faut poursuivre ce combat si nous voulons qu’à travers l’évolution trans-humaniste Ă  venir, soit prĂ©servĂ© l’essentiel de notre humanitĂ©.

PlutĂŽt que d’ĂȘtre prisonniers d’un principe de rĂ©alitĂ© indĂ©passable, il s’agit dĂšs Ă  prĂ©sent de construire une autre rĂ©alitĂ©.

Marc Roux

Pour l’AFT:Technoprog

(Merci Ă  Didier Coeurnelle et Cyril Gazengel, entre autres, pour leur collaboration)

Notes :

[1] Jean-Didier Vincent, Bienvenue en transhumanie, 2011

[2] Jean-Michel Besnier, dans le cadre d’une dĂ©bat sur Newsring : « Faut-il condamner le transhumanisme ? »

[3] C’est notamment la position de l’association Piùce et Main d’Oeuvre.

[4] Jean-Paul Baquiast, Pour un principe matĂ©rialiste fort, Éd. JP.Bayol.

[5] MalgrĂ© le scandale international provoquĂ© par les rĂ©vĂ©lations de E. Snowden, l’administration Obama n’envisage qu’une rĂ©forme Ă  la marge de la NSA 


[6] Rapport du PNUD sur le développement humain 2011

[7] Steven Pinker, The Better Angels of Our Nature, 2011

[8] Le besoin de “dominance” a notamment Ă©tĂ© thĂ©orisĂ© par Henri Laborit qui disait : <>.

[8] Ingmar Persson And Julian Savulescu, Unfit for the Future: The Need for Moral Enhancement, 2012


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LE progrĂšs technologique continue irrĂ©sistiblement sa marche en avant. mais pour qu’il soit efficace et assimilĂ© par l’ensemble de la population il faut d’abord Ă©radiquer tous les conservatismes venant des traditions et des religions.

C’est la pĂ©riode que nous vivons aujourd’hui avec notamment la thĂ©orie du genre enseignĂ©e aujourd’hui dĂšs l’école maternelle pour amener la nouvelle gĂ©nĂ©ration Ă  ne plus faire de diffĂ©rences entre ce qui est naturel et ce qui ne l’est pas. Étape indispensable pour nous mener tout droit Ă  une nouvelle Ă©tape de notre Ă©volution: le transhumanisme. Que vous le vouliez ou pas.

Qu’est-ce que le transhumanisme?

Si on en croit cette dĂ©finition le transhumanisme c’est:
« Le transhumanisme est un courant d’idĂ©es qui prĂŽne l’utilisation de la science et de la technologie pour amĂ©liorer l’espĂšce humaine, la libĂ©rer de ses limites biologiques, prolonger sa vie et la rendre immortelle. Selon les transhumanistes, l’homme peut et doit se transformer en utilisant les innovations scientifiques et technologiques : c’est le concept d’ »homme augmentĂ© ».
Si l’on veut simplifier on peut dire que c’est l’étape de l’évolution oĂč l’ĂȘtre humain la prend directement en main sans passer par l’intermĂ©diaire d’un « Dieu » ou sans laisser faire l’évolution naturelle. Cette Ă©tape de l’évolution humaine n’est pas aussi lointaine qu’on pourrait le penser et la pĂ©riode philosophique que nous vivons aujourd’hui est faite pour nous prĂ©parer psychologiquement Ă  cette Ă©volution.
Voir dans la vidĂ©o suivante ce qu’il en est rĂ©ellement de la construction de l’humain « transhumaniste » par l’étude gĂ©nĂ©tique mais aussi par l’étude du cerveau et la mise en puces de ses qualitĂ©s sensitives et sensorielles. Augmenter les capacitĂ©s du cerveau humain par l’ajout de micropuces, guĂ©rir de maladies en injectant des nano-robots pour nettoyer le corps ou greffer des outils technologiques bioniques pour augmenter notre capacitĂ© physique sont des exemples de ce que nous prĂ©pare le transhumanisme.
Commencer par abattre les piliers de notre construction en tant qu’ĂȘtre humain que sont la famille, l’éducation et la religion pour laisser la place et toute la place au progrĂšs scientifique qui sera le seul juge de la qualitĂ© de notre Ă©volution.
On comprend donc bien pourquoi la religion est constamment attaquĂ©e puisqu’il faudra que l’humanitĂ© s’en dĂ©fasse pour que celle-ci accepte cette Ă©volution de l’humanitĂ©. Que ce soit par la force ou par la contrainte. La nouvelle religion du nouvel ordre mondial futur sera toute entiĂšre tournĂ©e vers l’humain augmentĂ© qui sera cĂ©lĂ©brĂ© comme Ă©tant son propre Dieu. Un Dieu qu’il faut donc constamment amĂ©liorer et cela par la technologie. C’est cette Ăšre de la toute puissance technologique que nous annonce la fondation Rockefeller tout en la mettant en corrĂ©lation avec la gouvernance mondiale qui sera donc elle aussi technologique. Celle-ci pour advenir aura besoin de toujours plus de catastrophes « naturelles » Ă©tant donnĂ© qu’il ne semble pas dans la nature des hommes que d’abandonner son identitĂ©. De nouvelles philosophies ou religions basĂ©s sur l’exaltation de l’individualitĂ© et de sa rĂ©ussite matĂ©rielle vont Ă©merger dans notre environnement philosophique et intellectuel.
La thĂ©orie du genre enseignĂ©e aujourd’hui dans nos Ă©coles a pour objet de faire prendre conscience trĂšs tĂŽt aux humains qu’il sont d’abord des objets sexuels qui ont des dĂ©sirs Ă  satisfaire et que rien n’est interdit en ce domaine. C’est l’idĂ©e de la satisfaction des plaisirs, de tous les plaisirs, pour atteindre le bonheur suprĂȘme. Un bonheur individualiste magnifiĂ© qui ne devra rien Ă  la « collectivitĂ© » qui est dĂ©signĂ©e comme Ă©tant une barriĂšre pour atteindre l »illumination » extatique du bonheur.

Sean Young "blade runner"

Sean Young “blade runner”

C’est ainsi que l’on soumet aux USA les enfants dùs le plus jeune ñge à l’acceptation de la puce RFID pour les formater au futur tout technologique.
Le transhumanisme est la victoire de la science technologique sur la Nature mais qui prospĂ©rera inexorablement avec l’idĂ©e que l’humain doit s’adapter Ă  son temps et ne pas refuser le progrĂšs pour lui-mĂȘme. Comment accepter qu’ils naissent des bĂ©bĂ©s gĂ©nĂ©tiquement malades alors que l’on sait quel gĂšne changer? Comment accepter qu’on ne fasse rien pour redonner la vue Ă  un aveugle grĂące Ă  l’ajout d’une lentille connectĂ©e au rĂ©seau sensoriel? Comment refuser une main bionique pour remplacer la perte de l’ancienne? d’autant plus si Ă  cette main bionique on y ajoute la sensation du toucher inhĂ©rent Ă  l’ĂȘtre humain.
Le transhumanisme a pour objet de vous transformer en un corps technologique avec des capacitĂ©s augmentĂ©es mais aussi avec des capacitĂ©s de contrĂŽle par le gouvernement mondial augmentĂ©es, c’est cela le vĂ©ritable objectif du nouvel ordre mondial en devenir.
On voudra Ă  tout prix vous implanter des puces dans votre corps pour que l’on puisse vous identifier rapidement et connaĂźtre tout de vous jusqu’à votre capacitĂ© de rĂ©flexion, votre rĂ©sistance Ă  l’émotivitĂ© etc
Il faut tout savoir de vous pour dĂ©terminer jusqu’oĂč on peut vous manipuler, et surtout ne pas laisser de zones d’ombre concernant votre personnalitĂ©. On veut savoir tout de vous.
L’étape suivante du transhumanisme sera sans nulle doute le cyborg humain clonĂ© sur un seul et mĂȘme modĂšle, fiable et capable d’évoluer partout dans l’univers. Faire de nous des surhumains
Non je me trompe. Pas nous, eux!
Car Ă©videmment ce qu’on ne vous dit pas c’est que ses nouvelles capacitĂ©s technologiques qui crĂ©eront des surhommes ne seront pas accessibles Ă  l’ensemble de l’humanitĂ©. Vous croyez vraiment que le pauvre hĂšre en Inde ou en Afrique qui perd un bras ou une jambe se verra greffĂ© un membre bionique comme cela? Cela a un coĂ»t financier qu’ils ne prendront pas bien Ă©videmment.
Le transhumanisme est donc l’étape qu’ils sont en train de prĂ©parer pour eux. Qui? ceux qui seront aux commandes de la future dictature mondiale et qui seront protĂ©gĂ©s et soutenus par une armĂ©e d’humains augmentĂ©s et de cyborgs ainsi que de robots. Nous nous serons rĂ©duits Ă  l’esclavage dans le meilleur des cas. Imaginez une armĂ©e de robots faisant face Ă  la manif pour tous composĂ©e d’humains?

TECHNOCALYPS . Le transhumanisme. VOSTFR par hussardelamort
Toute la sociĂ©tĂ© dite « moderne » est tournĂ©e donc vers la rĂ©alisation de ce grand projet qui pourra clairement donner Ă  l’humain les capacitĂ©s Ă  l’immortalitĂ© puisqu’un corps une fois vieilli pourra ĂȘtre changĂ©. La greffe de la tĂȘte sur un corps est dans les tuyaux. Il faut donc comprendre que cette Ă©volution du tout technologique est inexorable et que nous allons devoir y faire face. Faut-il accepter cette Ă©volution? Faut-il s’en remettre Ă  Dieu ou Ă  la Nature selon nos sensibilitĂ©s? Que sera l’ĂȘtre humain dans 100 ans? Un cyborg pour le mieux, un robot pour le pire. Qu’en sera-t-il alors de notre Ăąme et de notre « divinitĂ© » c’est bien la question essentielle qui se pose puisque cette Ă©volution tout technologique entend la modifier, la crĂ©er, la dominer Ă  sa guise. Nous sommes donc vraiment en train de vivre la fin des temps de l’humanitĂ© si les choses restent en l’état.

Transhumanisme, Google & DARPA : Avalerez-vous… par Guilux04