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La robotique et l’informatique amĂ©liorent notre vie depuis plus de 70 ans. Les expĂ©rimentations “cerveau-machine” commencent Ă  rĂ©colter leurs fruits, mais quel avenir pour ces applications ?

L’annĂ©e 2050. Les cyborgs. Le transhumanisme. L’homme augmentĂ©. L’informatique centrĂ©e sur l’humain. Machines autonomes. La rĂ©alitĂ© augmentĂ©e. L’avenir de l’humanitĂ© pose Ă©normĂ©ment de questions. La technologie prend de plus en plus de place au quotidien. Et quand on parle de place, on parle aussi de place au sein mĂŞme de notre corps. L’homme peut il devenir un cyborg ? Est-ce que les ĂŞtres humains vont vers une hybridation ?

Le transhumanisme est un courant de pensĂ©e qui a pris forme tout au long des annĂ©es 80. Pour ceux qui se disent “transhumanistes”, la technologie est appelĂ©e Ă  s’intĂ©grer dans l’humain dans le but d’augmenter les capacitĂ©s humaines. C’est son objectif principal, mais pas le seul : rĂ©duire la pauvretĂ©, les maladies et la malnutrition partout dans le monde, sont d’autres attentes de cette philosophie.

Les avancĂ©es des applications robotiques adaptĂ©es Ă  l’humain se sont multipliĂ©es depuis la Guerre d’Iraq. Les agences dĂ©pendantes du gouvernement amĂ©ricain, tels que DARPA, se sont mises Ă  travailler sur l’application robotique sur l’humain. L’argent investi par le gouvernement amĂ©ricain a aussi augmentĂ©, compte tenu du nombre de soldats amputĂ©s quittant les rangs. Selon Laurent Bougrain, enseignant-chercheur Ă  l’UniversitĂ© de Lorraine et au Loria (Laboratoire Lorrain de Recherche en Informatique et ses Applications), spĂ©cialisĂ© en neurosciences, les bras robotiques pourront ĂŞtre des appareils couramment utilisĂ©s dans les hĂ´pitaux d’ici cinq Ă  dix ans. Mais ces applications robotiques intĂ©grĂ©s sur l’humain sont dĂ©jĂ  en route pour certains cas, comme par exemple les anciens soldats revenus d’Iraq, d’Afghanistan, ou rĂ©cemment de Lybie. Plus de 300 personnes dans le monde profitent dĂ©jĂ  de pieds bioniques, bras ou jambes robotiques, contrĂ´lĂ©s directement par le cerveau.
En France, il existe des nombreuses Ă©quipes de recherche qui travaillent sur l’application de ces technologies dans l’humain. En Lorraine, le Loria dispose d’une Ă©quipe qui essaie d’Ă©tablir des relations entre la dynamique de systèmes neuronaux et le comportement humain, l’Ă©quipe NeuroSys. Le bras robotique est un de ses projets phares.

Mais pour que ces applications robotiques puissent ĂŞtre contrĂ´lĂ©es Ă  travers le cerveau, une opĂ©ration chirurgicale s’impose. AmĂ©liorer la vie des personnes dĂ©pendantes semble une raison lĂ©gitime pour mener cette opĂ©ration, mais le risque que cette pratique devienne une branche de la chirurgie esthĂ©tique existe.

Ces technologies resteront chères pour la plupart de la population, et les gens les plus aisĂ©s seront notamment ceux qui subiront ces amĂ©liorations corporelles. Si la bioĂ©thique dĂ©vie pas des usages pour lesquelles elle a Ă©tĂ© pensĂ©, ces nouvelles technologies adaptĂ©es Ă  l’humain seront dĂ©mocratisĂ©es, tel et comme il le souhaite Olivier Simonin, enseignant-chercheur au sein du Loria, “Le vrai dĂ©fi pour 2050 c’est que la technologie soit accessible pour tout le monde !”.